Dans les dystrophinopathies (Duchenne et Becker), les atteintes neuromusculaires et orthopédiques sont étroitement liées : la faiblesse musculaire modifie progressivement les mouvements, la posture et les articulations.

Elles concernent principalement les muscles et leur capacité à produire un mouvement.

  • Faiblesse musculaire progressive : elle touche souvent d’abord les muscles des hanches et des cuisses, puis les épaules et les bras.
  • Fatigabilité : les efforts répétés peuvent devenir difficiles et nécessiter davantage de temps de récupération.
  • Difficultés fonctionnelles : se relever du sol, monter les escaliers, courir, marcher longtemps, se transférer ou lever les bras peuvent progressivement devenir plus difficiles.
  • Atteinte des muscles axiaux : la faiblesse des muscles du tronc peut affecter le maintien de la posture et la stabilité.
  • Atteinte des muscles distaux : elle peut notamment concerner les muscles des chevilles, des pieds, des mains et des avant-bras, particulièrement au cours de l’évolution de la maladie.
  • Atteinte respiratoire et cardiaque : elle nécessite également une surveillance spécialisée, car certains muscles respiratoires et le muscle cardiaque peuvent être concernés.

Point important. Faiblesse musculaire et fatigue ne sont pas exactement la même chose. La faiblesse correspond principalement à une diminution de la capacité à produire une force, tandis que la fatigue correspond à une difficulté à maintenir un effort, souvent avec une aggravation au cours de l’activité.

Elles résultent notamment de la faiblesse musculaire, du déséquilibre entre certains groupes musculaires et de la diminution progressive des mouvements.

  • Rétractions musculotendineuses : certaines articulations perdent progressivement leur amplitude, notamment les chevilles, les genoux et les hanches.
  • Équin du pied : le raccourcissement du complexe mollet–tendon d’Achille peut rendre le pied moins capable de se poser à plat.
  • Déformations articulaires : elles peuvent limiter les mouvements et compliquer les transferts ou le positionnement.
  • Troubles de la posture : la faiblesse du tronc et des membres peut entraîner des compensations.
  • Scoliose : elle peut apparaître ou progresser, particulièrement après la perte de la marche.

Diminution de la résistance des os, ce qui augmente notamment le risque de fractures, en particulier au niveau des vertèbres et des membres inférieurs.

Elle peut être favorisée par plusieurs facteurs.

  • Diminution ou perte de la marche et donc de la mise en charge des os.
  • Faiblesse musculaire, qui réduit les contraintes mécaniques normales sur le squelette.
  • Traitement prolongé par corticoïdes, qui peut diminuer la densité osseuse
  • Déficit éventuel en vitamine D et/ou calcium.
  • Diminution de l’activité physique.

🔗 Ostéoporose

La faiblesse musculaire est l’une des principales manifestations des dystrophinopathies.

  • Dystrophie musculaire de Duchenne. Débute généralement entre 2 et 5 ans.
  • Dystrophie musculaire de Becker. Souvent à l’adolescence ou à l’âge adulte.
  • Femme atteinte de dystrophinopathie. Souvent modérée et peut rester stable pendant de nombreuses années.

La faiblesse musculaire est progressive et symétrique. Plus marquée au niveau des muscles proximaux que des muscles distaux. Ses conséquences varient suivant le type de dystrophinopathie, l’évolution de la maladie et les capacités de chaque personne. Cette faiblesse musculaire augmente la fatigue et les risque de chutes pouvant entraîner des fractures et/ou des lésions musculaires. Entraînant des douleurs.

Muscles proximaux. La faiblesse commence souvent par la ceinture pelvienne et scapulaire. Ceinture pelvienne relie les membres inférieurs au tronc. Elle comprend le bassin et les muscles fessiers, l’ilio-psoas et le quadriceps. Ceinture scapulaire relie les membres supérieurs au tronc. Elle comprend les épaules, les omoplates et les muscles qui les stabilisent et les mobilisent.

  • Bassin et hanches : difficulté à se relever, monter les escaliers ou courir
  • Cuisses : difficulté à se relever du sol ou à maintenir une marche prolongée
  • Bras, épaules : difficultés pour lever les bras ou maintenir les bras en hauteur.

Muscles distaux, relativement préservés au début, leur atteinte peut apparaître ou s’accentuer avec l’évolution de la maladie.

  • Avant-bras
  • Mains : Difficulté à saisir et manipuler des objets
  • Doigts : Difficulté à effectuer des gestes précis
  • Poignets : Difficulté à maintenir le poignet en position
  • Chevilles : Difficulté à relever le pied
  • Pieds : Troubles de l’équilibre et de la marche
  • Orteils. Difficulté à mobiliser les orteils

Muscles axiaux. Entourent et stabilisent le tronc et la colonne vertébrale. Ils jouent un rôle essentiel dans la posture, l’équilibre et les mouvements du corps. Leur atteinte apparait relativement tard, au cours de l’adolescence ou après la perte de la marche.

  • Muscles abdominaux : participent au maintien du tronc, à l’équilibre et à la respiration.
  • Muscles paravertébraux : Soutiennent la colonne vertébrale et assurent la posture.
  • Muscles du cou : Maintien et mouvements de la tête.
  • Muscles intercostaux : interviennent dans les mouvements respiratoires.
  • Diaphragme : principal muscle de la respiration.

Difficultés dues a la faiblesse des muscles axiaux.

  • Difficulté à maintenir une posture stable.
  • Difficultés pour maintenir le tronc droit en position assise ou debout.
  • Difficultés pour se relever de la position allongée
  • Risque de scoliose, surtout après la perte de la marche dans la dystrophie musculaire de Duchenne.
  • Douleurs du dos et une fatigue posturale
  • Diminution de la capacité respiratoire, lorsque les muscles respiratoires (diaphragme, muscles intercostaux) sont atteints. Pouvant nécessiter une ventilation non invasive.

La faiblesse musculaire peut progressivement rendre certains gestes du quotidien plus difficiles.

  • 🛏️ Se lever et se transférer : difficultés à passer du lit au fauteuil ou à la position debout.
  • 🚿 Toilette : difficulté à lever les bras, atteindre certaines zones ou maintenir une position.
  • 👕 Habillage : enfiler un vêtement, fermer une fermeture ou mettre des chaussures peut demander davantage d’efforts.
  • 🍽️ Repas : porter les aliments à la bouche, couper les aliments ou maintenir certains ustensiles peut devenir fatigant.
  • 🪜 Escaliers et déplacements : difficultés à monter les marches ou à parcourir certaines distances.
  • 🧹 Tâches domestiques : porter, pousser, tirer ou utiliser certains équipements peut devenir difficile.
  • 🛒 Courses : difficulté à marcher longtemps, porter les achats ou atteindre certains produits.
  • 🧑‍💻 Travail et études : maintien d’une posture, utilisation prolongée des bras ou manipulation du matériel.
  • 🧑‍🦽 Mobilité : le fauteuil roulant et les aides techniques peuvent permettre de conserver l’autonomie et d’économiser l’énergie.

⚡ Adapter plutôt que forcer. L’objectif n’est pas de solliciter davantage un muscle déjà affaibli, mais de faciliter le geste et préserver l’énergie. L’organisation de l’environnement, les aides techniques, les pauses et l’aide humaine peuvent permettre de continuer à participer aux activités importantes.

Dans les dystrophinopathies, les rétractions musculotendineuses sont fréquentes et s’installent progressivement à cause de la faiblesse musculaire, de la marche en équin et du déséquilibre entre groupes musculaires. Elles diminuent progressivement les amplitudes articulaires et peuvent aggraver les difficultés de marche et les transferts. Leur prévention repose notamment sur des étirements réguliers, le positionnement, les mobilisations et, selon le stade, des orthèses et une prise en charge kinésithérapique adaptée.

  • Chevilles : rétraction du triceps sural → équin du pied, avec difficulté à poser le talon.
  • Genoux : rétraction des ischio-jambiers → tendance au flessum du genou.
  • Hanches : rétraction des fléchisseurs de hanche → flessum de hanche.
  • Hanche et colonne : la faiblesse des muscles du tronc et les rétractions peuvent favoriser une hyperlordose lombaire.
  • Membres supérieurs, surtout après la perte de la marche : rétractions possibles des fléchisseurs du coude, du poignet et des doigts.

Environ 7 personnes sur 10 déclarent que la fatigue est le symptôme qui les gêne le plus au quotidien parmi la longue liste de symptômes.

Qu’est-ce que la fatigue ? La fatigue, un épuisement que le repos ne parvient pas à soulager. Réaliser les activités quotidiennes sont de plus en plus difficile au fil de la journée. La fatigue peut survenir soudainement. Ce qui constitue un obstacle à l’élaboration de projets.

Fatigue, aspects invisibles de la maladie. Source de malentendus. Certaines postures peuvent être confondues avec de la paresse, de l’inattention.

  • Difficultés a effectué des activités physiques.
  • Marcher, se relever, monter des escaliers, se baisser pour ramasser des objets.
  • Difficultés dans les tâches quotidiennes, elles prennent plus de temps.
  • Somnolence pendant la journée.
  • Temps de récupération plus long est nécessaire.
  • Effets néfastes sur la posture
  • Difficultés de concentration.

Plusieurs facteurs peuvent affecter le niveau d’énergie pendant la journée. Les muscles affaiblis ne peuvent pas générer une force suffisante pour effectuer une activité.

  • Baisse du taux d’oxygène, augmentation du taux de dioxyde de carbone.
  • Troubles cardiaques. Cardiomyopathie, trouble du rythme cardiaque.
  • Troubles respiratoires nocturnes
  • Troubles du sommeil
  • Douleurs
  • Certains médicaments. Stéroïdes, myorelaxants…
  • Dénutrition
  • Troubles de santé mentale. Dépression…
  • Troubles hormonaux ou métaboliques. Hypothyroïdie…

Comment évalue-t-on la fatigue ?

La fatigue peut rendre certaines activités de la vie quotidienne plus longues ou plus difficiles. Apprendre à utiliser son énergie pour ce qui compte le plus. Adopter des mesures pour réguler sa consommation d’énergie tout au long de la journée peut contribuer à atténuer les effets de la fatigue.

  • 🕐 Planifier les activités aux moments où l’énergie est la meilleure.
  • 🔄 Alterner activité et repos plutôt que d’attendre l’épuisement.
  • 🧑‍🦽 Utiliser les aides techniques pour économiser les efforts.
  • 🪑 Privilégier les activités en position assise lorsque cela réduit la fatigue.
  • 🏠 Adapter l’environnement pour limiter les déplacements et les efforts inutiles.
  • 🎒 Réduire le port de charges et privilégier les solutions de transport ou de rangement adaptées.
  • 👥 Accepter l’aide de l’entourage lorsque cela permet de conserver de l’énergie pour une activité importante.
  • 📅 Prioriser les activités essentielles et celles qui procurent du plaisir.

À surveiller : une fatigue inhabituelle, persistante ou associée à une diminution des capacités habituelles peut indiquer que l’activité est trop exigeante et mérite d’être discutée avec l’équipe qui suit la personne.

  • Favoriser le sommeil en maintenant un horaire de sommeil régulier, en évitant les repas copieux avant de se coucher et en gardant la chambre fraîche et sombre.
  • Ranger les ustensiles de cuisine les plus utilisés à hauteur de la taille, directement sur le plan de travail ou sur des étagères, afin d’éviter les mouvements répétitifs de flexion et d’extension.
  • Regrouper les objets par destination lors du rangement afin de minimiser les allers-retours entre les pièces
  • Utiliser des listes de tâches, des alarmes et des calendriers pour réduire la charge cognitive
  • Utiliser les guichets de service au volant, le retrait en bordure de trottoir ou la commande en ligne pour vos courses, y compris les opérations bancaires, les ordonnances et les achats.
  • Regrouper les sorties en visitant des centres commerciaux tout-en-un plutôt que de monter et descendre de véhicule à plusieurs endroits.
  • Vérifier à l’avance les lieux extérieurs en fonction du terrain, du stationnement et de l’accessibilité des installations, afin que les obstacles physiques imprévus n’épuisent pas l’endurance

Maintenir une Activité physique douce et régulière.

L’exercice physique régulier peut aider à lutter contre la fatigue. L’exercice aérobique peut améliorer la circulation sanguine, tandis que les exercices de musculation, ou de résistance, peuvent contribuer à augmenter la force musculaire, le niveau d’énergie, l’humeur et la qualité du sommeil.

  • Adapter les activités et prévoir des périodes de repos.
  • Éviter le surmenage musculaire.

Certains types d’exercices pouvant endommager les muscles et aggraver la faiblesse musculaire, il est important de consulter votre équipe soignante et votre kinésithérapie afin de déterminer les exercices les mieux adaptés à la dystrophie musculaire.

Sommeil et routines quotidiennes

Un ergothérapeute peut enseigner des techniques de conservation de l’énergie afin d’améliorer l’efficacité des mouvements corporels, ce qui peut réduire la fatigue.

  • L’alimentation et l’hydratation sont importantes pour maintenir un bon niveau d’énergie. Boire régulièrement.
  • Se reposer proactivement ou faire de courtes siestes pendant la journée peut contribuer à réduire la fatigue, notamment chez les personnes souffrant de troubles du sommeil ou d’apnée du sommeil.

Un professionnel de la santé peut prescrire des médicaments pour traiter l’anxiété ou la dépression, aidant ainsi les patients à gérer la fatigue liée à la santé mentale.

Aides à la mobilité et équipements adaptés

Les aides techniques ou à la mobilité (canne, déambulateur, fauteuil roulant) peuvent contribuer à réduire la fatigue.

Fauteuil roulant. Aide technique permettant de réduire la fatigue, préserver les capacités fonctionnelles restantes et améliorer la qualité de vie.

Autres dispositifs pouvant faciliter les tâches quotidiennes.

  • ouvre-bocaux ou ouvre-boîtes électriques
  • pinces de préhension à long manche pour ramasser des objets au sol sans effort.
  • Bancs de douche, barres d’appui robustes et douchettes à main pour économiser son énergie lors de la toilette personnelle.

Quand faut-il parler de fatigue à un médecin ?

Parler au médecin de toute fatigue, surtout si elle est nouvelle, s’aggrave ou s’accompagne d’autres symptômes.

  • Maux de tête matinaux
  • Difficulté à se concentrer
  • Somnolence diurne excessive
  • Palpitations cardiaques

Un médecin peut également orienter un patient vers un membre spécifique de son équipe soignante. Par exemple, si un exercice physique léger semble provoquer une fatigue extrême, un kinésithérapeute peut recommander des alternatives pour rester actif. Ou encore, si d’autres symptômes évoquent un problème respiratoire ou cardiaque nocturne, le médecin peut orienter le patient vers un pneumologue ou un cardiologue.

Situations d’urgence

Consulter immédiatement un médecin si, en plus de la fatigue vous ressentez

  • Douleur thoracique
  • Douleurs abdominales
  • Essoufflement


Le suivi doit être régulier, multidisciplinaire et adapté à l’évolution de la maladie. Idéalement par un Centre de Compétences ou de Référence maladie neuromusculaire. Neurologue, ergothérapeute ou kinésithérapeute doivent être régulièrement consulté.

🎯 Objectif. Anticiper les difficultés plutôt que d’attendre leur apparition, afin de préserver au maximum mobilité, confort, autonomie, participation et qualité de vie.

L’évaluation de la fonction motrice dans les dystrophinopathies est essentielle pour suivre l’évolution de la maladie, adapter la rééducation et évaluer l’efficacité des traitements.

Evaluation de la force musculaire, des amplitudes articulaires, de la posture et de la présence de rétractions.

Fréquence des examens. Ces évaluations sont généralement réalisées de façon régulière par une équipe multidisciplinaire (neurologue, médecin de médecine physique et de réadaptation, kinésithérapeute, ergothérapeute) afin de suivre l’évolution de la maladie et d’ajuster la prise en charge.

Examen musculaire

  • Inspection de la masse musculaire. Pseudohypertrophie, notamment des mollets.
  • Évaluation de la force musculaire.
  • Recherche d’une faiblesse musculaire proximale (épaules, hanches), puis distale.
  • Évaluation du tonus musculaire.
  • Recherche de douleurs ou de crampes.
  • Évaluation des capacités fonctionnelles (se lever d’une chaise, se relever du sol (signe de Gowers), marcher, courir, monter les escaliers, lever les bras, effectuer les transferts.

Examen orthopédique. Réalisé régulièrement afin de dépister précocement les déformations (scoliose, rétractions, déformations des pieds) et d’adapter la prise en charge.

  • Mesure des amplitudes articulaires (épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles).
  • Recherche de rétractions musculaires et tendineuses.
  • Recherche de déformations (équin des pieds, flessum des genoux ou des hanches, scoliose, cyphose ou hyperlordose.
  • Évaluation de la posture et de l’équilibre.
  • Analyse de la marche (si la personne est ambulante).
  • Vérification de l’installation au fauteuil roulant et du positionnement.
  • Évaluation de la douleur liée aux déformations ou aux appuis.

Un bilan fonctionnel par un ergothérapeute ou un kinésithérapeute doit être régulièrement réalisé.

  • Bilan fonctionnel global évalue l’impact de la maladie sur la mobilité et les gestes quotidiens.
  • Bilans ostéo-articulaire et musculaire permettent d’apprécier l’atteinte articulaire et musculaire. Des moyens de rééducation adaptés (kinésithérapie, appareillage,…) peuvent alors être mis en œuvre.

Plusieurs échelles de mesure spécifiques aux maladies neuromusculaires, permettent d’évaluer l’impact fonctionnel de l’atteinte motrice. Le score obtenu grâce à ces outils est comparé d’une consultation à l’autre, pour une même personne.

  • Testing musculaire manuel (MMT). Constitue une des méthodes courantes d’évaluation de la fonction motrice. Ce test mesure la force du muscle et sa capacité à réaliser un mouvement, sans ou contre résistance. La mesure est exprimée sur une échelle graduée de 0 (pas de force) à 5 (force musculaire normale)
  • Dynamomètre. Outil qui permet de mesurer la force musculaire d’un groupe musculaire ou d’un muscle en particulier. Il est demandé à l’enfant de réaliser une contraction contre cet appareil qui va alors mesurer la force exercée. Cet outil permet une évaluation précise, muscle par muscle.
  • MyoTools. Permettent d’évaluer de manière très précise la fonction motrice du membre supérieur et la force développée par le patient.
    • Myogrip évalue la force de serrage des doigts.
    • Myopinch évalue la pince pouce-index.
    • Moviplate évalue la fatigabilité des muscles extenseurs et fléchisseurs du poignet et des doigts.
 Sa très grande sensibilité est parfaite pour évaluer des patients aux très faibles capacités musculaires.

  • Test de marche de 6 minutes (6MWD). Il est demandé aux enfants de marcher sans s’arrêter pour mesurer la distance qu’ils sont capables de réaliser. Il permet d’évaluer l’évolution de la maladie sur la marche dans le temps. Il peut être demandé de marcher une distance minimale pour intégrer certaines études.
  • Test de 10 mètres de marche ou course. Consiste à calculer le temps mis par l’enfant pour parcourir une distance de 10m (L’enfant doit pouvoir marcher indépendamment d’une tierce personne mais peut utiliser une aide technique et un appareillage).
  • Montée des 4 marches (4SCT). La montée chronométrée sur 4 marches est utilisée pour mesurer la fonction motrice chez les garçons atteints de dystrophie musculaire de Duchenne.
  • Le relevé chronométré du sol. Permet d’évaluer l’importance du déficit au niveau de la ceinture pelvienne (les muscles fessiers principalement) chez les enfants avec atteinte motrice.
  • Le « timed Up and Go ». Permet d’apprécier l’équilibre, la force musculaire des membres inférieurs et la vitesse de marche. Il comprend plusieurs étapes séquentielles, l’enfant débute en position assise sur une chaise, puis doit se lever, marcher une distance de trois mètres, faire demi-tour pour retourner vers la chaise et s’y rasseoir.
  • Le « 30 seconds sit to stand test ». Consiste à mesurer le nombre de relevé d’une position assise qu’une personne peut effectuer en 30 secondes.

La Mesure de Fonction Motrice (MFM) est une échelle quantitative globale créée pour mesurer les capacités fonctionnelles motrices chez une personne atteinte d’une maladie neuromusculaire. Elle contient 32 ou 20 items, chacun  noté de 0 à 3 dans 3 domaines de la fonction motrice

  • D1 : position debout et transferts
  • D2 : motricité axiale et proximale
  • D3 : motricité distale

La MFM permet de

  • Préciser la symptomatologie et l’évolution de chaque patient
  • Orienter les mesures rééducatives et adaptatives
  • Sélectionner des groupes homogènes de patients en vue d’essais thérapeutiques.

Le test NSAA a été développé spécifiquement pour les patients ambulants atteints de dystrophie musculaire de Duchenne. L’échelle NSAA est utilisée pour mesurer les capacités motrices fonctionnelles et surveiller la progression de la maladie.

Il est demandé à l’enfant divers exercices (se relever du sol, courir/marcher sur 10 mètres, sauter, descendre et monter un step, etc.). La somme de ces scores, de 0 à 34 (fonction maximale) chiffre la fonction motrice globale.

  • Évaluation de la force musculaire et de son évolution.
  • Surveillance des capacités fonctionnelles : marche, transferts, montée des escaliers, mouvements des bras.
  • Évaluation de la fatigabilité et de la tolérance aux activités.
  • Surveillance des fonctions respiratoires et cardiaques en lien avec les équipes spécialisées.
  • Évaluation des besoins en kinésithérapie, aides techniques et fauteuil roulant.
  • Adaptation du projet de soins et des activités physiques.

  • Surveillance de la rétraction musculaire et tendineuse : chevilles, genoux, hanches, coudes et épaules.
  • Surveillance de la mobilité articulaire.
  • Dépistage et suivi des déformations de la colonne vertébrale, notamment la scoliose.
  • Évaluation de la posture au lit et au fauteuil.
  • Prévention des douleurs et des complications liées aux mauvaises postures.
  • Adaptation du positionnement, des orthèses et du fauteuil.
  • Surveillance de la santé osseuse et du risque de fragilité osseuse.

Surveillance de la santé osseuse et du risque de fragilité osseuse.

  • Evaluation clinique.
  • Recherche des facteurs de risque.
  • Bilan biologique lorsque nécessaire.
  • Densitométrie osseuse (DXA) selon les recommandations et la situation individuelle.

La prévention de la fragilité osseuse

  • Activité physique adaptée.
  • Alimentation équilibrée.
  • Apport suffisant en calcium et vitamine D lorsque nécessaire.
  • Prévention des chutes.
  • Prise en charge spécialisée de la santé osseuse.

Différentes méthodes permettent de limiter ou de compenser les conséquences du déficit musculaire sur la fonction motrice. Précoce, personnalisée et régulière, elle contribue au confort de vie.

Risque élevé de fractures et de contractures, en raison de chutes dues a la faiblesse des muscles squelettiques et d’une fragilité osseuse.

Gestion des fractures. La fracture d’une jambe peut représenter un risque significatif en termes de capacité ambulatoire. Une mobilisation immédiate doit être privilégiée à la suite d’une fracture.

  • Chez un patient ambulant, une fixation interne pour stabiliser la fracture le plus rapidement possible est nécessaire pour qu’il recommence à marcher et ait le plus de chances possible de continuer à marcher.
  • Chez un patient non ambulant, utilisation d’un dispositif de contention, en tenant compte de la posture fonctionnelle du membre et du risque d’apparition de rétractions.

Situations d’urgence. Les fractures osseuses accompagnées de confusion, d’essoufflement ou d’autres symptômes anormaux constituent une urgence médicale en raison du risque d’une affection rare mais potentiellement mortelle appelée syndrome d’embolie graisseuse.

Gestion des contractures et lésions musculaires

  • Arrêt de l’exercice et mise au repos
  • Prise d’antalgique
  • Massage et étirements progressifs après quelques jours.

Prévenir les chutes pour éviter les fractures

  • Pratiquez une activité physique qui renforce l’équilibre et améliore la souplesse.
  • Maintenez votre poids à un niveau correct, un poids insuffisant accroît le risque de fracture.
  • Pensez à faire un bilan de la vue régulièrement
  • Modérez votre consommation d’alcool. L’alcool aggrave le risque de chute.
  • Préférez les chaussures fermées, qui tiennent bien votre pied pour marcher.
  • Évitez les vêtements trop longs ou trop larges dans lesquels vous pourriez vous prendre les pieds.
  • Aménagez votre domicile pour supprimer certains obstacles.

La prise en charge musculaire et orthopédique est de préserver le plus longtemps possible la mobilité et l’indépendance. Entretenir la souplesse des muscles aide à maintenir les capacités fonctionnelles.🔗 Kinésithérapie.

  • Changer de posture, en passant de la position debout à la position assise ou allongée, sur le dos ou sur le ventre, contribue à soulager les points d’appui, à limiter les douleurs et les lésions cutanées.
  • La verticalisation consiste à se mettre en position debout, ponctuellement, pour quelques minutes ou quelques heures. Cette verticalisation se fait soit à l’aide d’un fauteuil électrique verticalisateur, soit grâce à des dispositifs de verticalisation. Elle bénéficie à la fonction digestive (transit intestinal), urinaire, cardiovasculaire…

Un verticalisateur pour un patient atteint de la myopathie de Duchenne aide à maintenir une station debout régulière pour préserver la densité osseuse, limiter les contractures et soutenir la fonction respiratoire.

Bienfaits de la verticalisation

  • Santé osseuse et musculaire : L’appui en charge aide à renforcer les os et prévient l’enraidissement rapide des articulations (genoux, chevilles).
  • Fonction respiratoire : Des sessions régulières favorisent une meilleure expansion pulmonaire.
  • Bien-être général : La position debout améliore la circulation sanguine et offre un changement de posture bénéfique au quotidien.

🔗 Fauteuil verticalisateur

Quand les activités de la vie quotidienne deviennent trop épuisantes ou ne sont plus possibles, le recours à des aides techniques ou des solutions de compensation peuvent devenir nécessaire.

🔗 Faiblesse musculaire et fatigue : les aides techniques pour préserver l’énergie et l’autonomie.

Le port d’orthèses contribue à maintenir une bonne position, prévenir ou limiter l’évolution des rétractions et des déformations articulaires qui en résultent, préserver, faciliter la marche. D’autres orthèses facilitent les mouvements des mains (manger, écrire…) ou des pieds (releveur de pied). En prévention, elles sont surtout utilisées chez l’enfant pour favoriser une croissance harmonieuse et maintenir les membres en position de fonction. Ces appareillages doivent être fabriqués sur mesure.

📰 Actus AFM-Téléthon 20/12/2023

Orthèses des membres inférieurs.

Des orthèses genou-cheville-pied (KAFO), peuvent être utiles lorsque la marche devient très difficile, voire impossible.

Des orthèses cheville-pied (AFO) peuvent être utilisées pour aider à contrôler l’enraidissement de la cheville.

Orthèses de la main pour préserver la motricité et l’usage des mains pour les activités quotidiennes (conduire un fauteuil roulant électrique, manger, jeux…) Des orthèses de repos pour les mains sont indiquées pour les personnes qui présentent un enraidissement des articulations des doigts. Les orthèses de la main maintiennent les poignets et/ou les doigts en position fonctionnelle.

Elle intervient en complément ou en relais de la kinésithérapie et de l’appareillage dans le traitement des déformations et des rétractions. Elle est davantage pratiquée en prévention chez l’enfant et l’adolescent. Ces interventions améliorent le confort assis et debout, en atténuant les douleurs d’installation. Elles peuvent contribuer à prolonger la marche, avec ou sans l’aide d’appareillages, faciliter la verticalisation, la position assise.

Les interventions concernent les membres inférieurs (colonne vertébrale, articulations de la hanche, du genou et du pied) plus rarement les membres supérieurs.

  • 🔗 Arthrodèse vertébrale. Chirurgie de la colonne vertébrale empêche l’effondrement du tronc, corrige la scoliose et stabilise l’alignement de la colonne.
  • Ténotomie, sectionner ou rallonger un tendon
  • Ostéotomie, intervenir sur le squelette

La faiblesse progressive des muscles du tronc ne permet plus de maintenir correctement l’alignement de la colonne vertébrale entraînant une asymétrie du tronc et du bassin. Elle s’accentue pendant la croissance, elle s’aggrave après la perte de la marche. La scoliose évolue avec le temps et l’affaiblissement des muscles du dos.

  • Eventuels troubles de déglutition à cause du mauvais alignement de la tête
  • Difficultés digestives, intestinales (constipation…).
  • Inconfort et instabilité en position assise.
  • Douleurs (articulaires, de frottement aux points d’appui…).
  • Gêne gestuelle au quotidien
  • La scoliose peut affecter la respiration

Duchenne. Elle apparaît le plus souvent entre 10 et 15 ans, généralement après la perte de la marche.

  • Sans traitement par corticoïdes, elle touche environ 80 à 90 % des patients
  • Avec une corticothérapie prolongée, elle reste possible mais moins fréquente, environ 20 à 50 % selon les études.

Becker, scoliose moins fréquente. Car la marche est conservée plus longtemps et la faiblesse du tronc est généralement moins marquée.

  • La plupart des personnes atteintes de Becker ne développent pas de scoliose significative.
  • Lorsqu’elle survient, c’est le plus souvent à un âge plus avancé et chez les personnes dont la faiblesse musculaire est importante ou qui ont perdu la marche.
  • Les études estiment que la scoliose concerne moins de 10 à 20 % des patients.

Scoliose chez un enfant qui marche encore.

  • Examen clinique orthopédique : posture, asymétrie des épaules/bassin, test d’Adam, mobilité du rachis.
  • Radiographie du rachis entier debout, elle permet de mesurer l’angle de Cobb et de vérifier s’il existe une vraie scoliose.
  • Bilan respiratoire
  • IRM du rachis seulement dans certaines situations particulières ou une préparation chirurgicale.

Scoliose chez un enfant qui ne marche plus.

  • Examen clinique : posture, bassin, déformation du rachis, douleurs, confort en position assise, capacité à tenir la tête…
  • Radiographie du rachis entier en position assise si la personne ne peut pas se tenir debout. Elle permet notamment de mesurer l’angle de Cobb.
  • Bilan respiratoire, Observation de l’expansion thoracique, mesure de la capacité vitale et surveillance de la fonction des muscles respiratoires.
  • Évaluation de la position au fauteuil : bassin, appuis, installation et éventuels besoins d’adaptation du fauteuil.
  • IRM/scanner, seulement s’il existe une indication particulière ou une préparation chirurgicale.

Scoliose chez un adulte qui ne marche plus.

  • Radiographies du rachis entier en position assise, pour mesurer l’angle de Cobb et suivre la progression.
  • Bilan respiratoire. Capacité vitale forcée (CVF), spirométrie, mesure de la toux et des pressions respiratoires si nécessaire, recherche d’une hypoventilation nocturne, avec oxymétrie/capnographie ou étude du sommeil selon les symptômes.
  • Bilan cardiaque. ECG, échocardiographie, parfois IRM cardiaque, selon le suivi cardiologique.
  • Évaluation fonctionnelle et du fauteuil : équilibre du bassin, position assise, douleurs, confort et retentissement de la scoliose sur les activités quotidiennes.
  • Bilan osseux. Recherche d’une fragilité osseuse/ostéoporose, avec densitométrie (DEXA) selon le contexte.
  • IRM ou scanner du rachis, s’il existe une indication particulière ou une préparation chirurgicale.

  • Corticoïdes. Un traitement sous corticoïdes permet de retarder l’apparition et diminuer la gravité de la scoliose.
  • Un suivi orthopédique régulier est essentiel afin d’intervenir au bon moment si une déformation apparaît.
  • Positionnement. Un bon positionnement permet de réduire les contraintes sur la colonne vertébrale.
  • Kinésithérapie. Elle contribue à améliorer le confort, à préserver la mobilité et à optimiser la respiration.
  • Arthrodèse vertébrale. Proposée, lorsque la scoliose devient importante ou progresse rapidement.

Bilan préopératoire si une chirurgie de la scoliose est envisagée. Bilan respiratoire approfondi, cardiaque, biologique et évaluation anesthésique.


Blog d’information du groupe d’intérêt Dystrophinopathies de L’AFM-Téléthon. Dédié aux dystrophies musculaires de Duchenne et de Becker. Il ne fournit aucun avis médical, diagnostic ou traitement. Son contenu ne saurait se substituer à un avis médical professionnel. Consultez toujours votre médecin ou un autre professionnel de santé qualifié pour toute question relative à votre état de santé.