La recherche clinique dans les dystrophies musculaires de Duchenne et de Becker compte, en France, de nombreux projets. Médicaments en développement ou déjà disponibles, thérapie génique ou saut d’exon, études d’histoire naturelle et registres. D’autres essais ont aussi lieu partout dans le monde.

Limites de responsabilité. Nous citons les essais uniquement à titre informatif. C’est le médecin investigateur, responsable de la conduite de l’essai, qui décide de l’inclusion d’un patient.


GNT0004, produit de thérapie génique AAV-microdystrophine développé par Généthon, est désormais évalué dans un essai de phase III (essai pivot).

Givinostat (DuvyzatTM). Avis défavorable au remboursement dans le traitement de la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) chez les patients ambulants, âgés de 6 ans et plus, recevant un traitement concomitant par corticostéroïdes.

🟧 Becker. Bientôt un médicament ? L’EDG-5506 (Sevasemten), ciblant tous les patients atteints de DMB, protège les muscles fragilisés lors des contractions répétées.

🟨 Femmes porteuses. Du fait de la rareté des dystrophinopathies chez les filles et de la grande diversité de leurs symptômes, il y a peu d’essais cliniques en cours chez des filles.


Indispensables au développement de nouveaux traitements chez l’homme, les essais cliniques sont très encadrés pour garantir la qualité méthodologique et la sécurité de leurs participants. Ainsi, un essai ne peut démarrer qu’après obtention d’une autorisation des autorités de santé et un avis favorable d’un comité d’éthique, chaque essai est supervisé par des professionnels de santé, des critères définissent quels participants pourront y être inclus…

Plus de renseignements : questionessai@afm-telethon.fr

S’il s’agit d’une étude ouverte, il n’y a pas de groupe placebo. Tous les participants à l’étude admissibles recevront le traitement expérimental.

Entrer dans un essai est possible, à condition de remplir les critères de sélection définis par le protocole de l’essai (âge, sexe, type de mutation génétique, ambulant, non ambulant, capacité motrice, état cardiaque, respiratoire, antécédents médicaux). Le médecin investigateur propose alors aux patients qui semblent remplir les critères d’inclusion d’y participer.

Puis-je rentrer dans un essai clinique si je ne réponds pas aux critères ? Non, les critères définis dans le protocole de chaque essai sont stricts. Ils dépendent du produit, de la maladie et son évolution, de la question que pose l’essai.

Les participants ne sont pas rémunérés pour leur participation a un essai. En principe, les frais de transport entre le domicile et le centre investigateur, les examens médicaux et l’hébergement sont pris en charge par le promoteur. Leur montant peut être plafonné par le promoteur.

Un essai clinique n’est pas un traitement de la maladie, mais une étape dans la recherche d’un traitement efficace. L’efficacité du produit testé et ses effets secondaires sont inconnus, l’essai clinique sert à les évaluer. Si vous avez reçu le placebo, il ne contient aucune substance active, le candidat médicament peut aussi n’avoir aucune efficacité.

L’évolution de la fonction motrice ou de la marche est évaluée, dans les essais clinique et en vie réelle grâce à des mesures de test comme la distance parcourue en 6 minutes (6MWD), le temps pour monter 4 marches (4SCT), la vitesse pour monter 4 marches (4SCV), le score fonctionnelle NSAA… L’échelle NSAA (North Star Ambulatory Assessment) Voir Suivi neuromusculaire et Orthopédique

Demandez au médecin investigateur quelle conduite adopter en cas de symptômes inhabituels durant l’essai, qu’ils fassent ou non partie des effets secondaires possibles.

Pour participer à un essai clinique en France, il faut être couvert par l’Assurance maladie française ou celle d’un pays européen ayant passé des accords spécifiques avec la France.

Oui. En tant que résident français, vous pouvez participer à un essai clinique à l’étranger si l’étude accepte des participants non-résidents et si vous remplissez les critères médicaux de sélection. Renseignez vous auprès du promoteur ce qui est pris en charge (examens médicaux, déplacements, hébergement, repas, aide à l’organisation des voyages).

Saut d’exon

Oui, l’essai AVANCE1 évalue le SQY51. L’essai MIS51ON l’eteplirsen (saut d’exon 51). Les recrutements sont terminés.

Pour savoir si un patient de Duchenne est admissible au saut exon, il est important d »identifier la mutation responsable de la maladie dans le gène de la dystrophine.

Microdystrophine

Les participants à une étude clinique doivent répondre à des critères précis, définis dans le protocole et propres à chaque étude. Le médecin investigateur, responsable de la conduite de l’essai, se base sur les critères définis dans le protocole et s’assure que la personne y répond bien.

  • âge, sexe, marchant ou non…
  • Diagnostic définitif de DMD confirmée par des tests génétiques.
  • Type de mutation
  • Tests négatifs pour les anticorps contre le vecteur AAV utilisé (AAV8, AAV9…). Les anticorps peuvent empêcher la thérapie génique de fonctionner comme prévu.

Critères d’exclusion

  • Exclusion de certaines délétions du gène DMD, pour éviter les effets immunologiques graves.
  • Présence d’une autre maladie cliniquement significative.

L’intérêt thérapeutique serait moindre dans la myopathie de Becker. Car, les anomalies du gène DMD dans cette forme permettent déjà de produire de la dystrophine, même s’il y a une grande hétérogénéité d’un patient à l’autre. D’autres programmes de recherche sont en cours pour développer des thérapies géniques qui permettraient de fabriquer dans le muscle une plus grande dystrophine voire une dystrophine entière. Ce qui aurait un intérêt pour les patients atteints de DMB. Ces programmes encore au stade de la recherche représentent un espoir.

Non, les critères définis dans le protocole de chaque essai sont stricts (Ex. Age, sexe, marchant, non marchant, type de mutation). Ce n’est pas le médecin de la consultation qui le décide, mais les critères de l’essai auxquels il faut répondre.

  • Des portions du gène de la dystrophine (gène DMD) utiles pour fabriquer une version « micro » de la dystrophine. Selon les produits, les portions sont plus ou moins grandes.
  • Une séquence d’ADN permettant de lancer cette fabrication dans les cellules de muscles squelettiques et/ou dans le muscle cardiaque.
  • Un vecteur viral adéno associé AAV (non pathogène) (AAV8, AAV9, rh74…) ou un vecteur synthétique.

Le vecteur le plus utilisé comme moyen de transport d’un matériel génétique est le virus adéno-associé (AAV). Rendu inoffensif, il est facile à produire et permet d’exprimer le transgène sur le long terme. Les AAV sont choisis pour leur affinité pour les tissus ciblés (muscle, cœur…). Par exemple, pour atteindre le muscle on utilisera plutôt des AAV8 et AAV9…

Si une personne a été exposée à des virus adéno-associés (AAV) naturels, son système immunitaire peut posséder des anticorps reconnaissant ces AAV, comme le vecteur AAV utilisé en thérapie génique. Une fois le vecteur AAV reconnu par le système immunitaire, les anticorps peuvent le neutraliser (le rendre inactif) avant qu’il ne puisse délivrer le gène thérapeutique dans la cellule. La présence de ces anticorps chez un candidat potentiel à une étude de thérapie génique peut rendre ce candidat inéligible.

Des patients (Environ 10 à 40 %) possèdent une immunité naturelle contre le vecteur ou développent une réponse dirigée contre le gène médicament.

Les gènes médicaments sont apportés aux cellules grâce à des transporteurs, des « vecteurs », d’origine virale. Ceci peut conduire le système immunitaire à se méprendre et à vouloir rejeter le traitement, limitant son efficacité thérapeutique et poser un problème de sécurité.

La recherche pour contourner les risques immunitaires des TG microdystrophine et la positivité aux AAV est très active. Des essais cliniques étudient l’efficacité de pré-traitements à base de médicaments comme ceux utilisés dans les greffes d’organes, pour réduire les anticorps contre ces AAV. L’administration du candidat médicament de thérapie génique s’accompagne désormais d’un traitement immunosuppresseur pour réduire les risques de rejet du médicament.

Dans la dystrophie musculaire de Duchenne, les enfants autour de l’âge de 4 à 5 ans sont en pleine période de progression motrice et fonctionnelle.Plus tard, cette évolution est « un peu plus stable » et permet l’observation des changements qui pourraient être dus au médicament.

Cela dépend de l’âge de votre enfant, de sa situation clinique, et d’autres conditions définies dans le protocole de l’essai. Le mieux est qu’il soit suivi dans une consultation pluridisciplinaire neuromusculaire (Centre de Référence ou de compétences), afin d’en parler avec le médecin. Celui-ci connait les conditions pour participer à l’essai (qui a lieu dans plusieurs consultations/centres investigateurs en France).

Le produit de thérapie génique microdystrophine GNT0004 développé par Généthon est en évaluation dans un essai clinique. Il a été administré dans ce cadre à 5 participants dans la première partie de cet essai. Si ses effets sont positifs, sur les patients traités à la plus haute dose, ce candidat médicament doit maintenant être étudié chez un plus grand nombre d’enfants atteints de DMD pour être sûr qu’il est efficace dans cette maladie et que la balance bénéfices/risques est en sa faveur.

Pharmacologie

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Participer à un essai est un engagement qui demande du temps et de l’investissement. Avant de l’envisager, il est important de bien s’informer de ses objectifs, son organisation, ses contraintes… notamment auprès du médecin investigateur de l’essai et du médecin qui vous suit à la consultation neuromusculaire.


Thérapie génique et saut d’exon visent à apporter les outils moléculaires pour fabriquer une forme de dystrophine fonctionnelle dans les muscles. L’approche d’édition du génome vise à réparer l’anomalie du gène dans le même but, mais pour obtenir un effet plus durable.

Les thérapies cellulaires visent à apporter des cellules souches non malades pour reconstituer du tissus musculaire ou pour fournir un environnement favorable à leur régénération.

.Des médicaments plus classiques agissent sur l’inflammation, la fibrose, la protection de muscles fragilisés… pour protéger l’intégrité du muscle et éviter sa dégradation.


Plusieurs laboratoires ont développé leur produit de thérapie génique pour traiter les personnes atteintes de dystrophie musculaire de Duchenne.

Le laboratoire Solid Biosciences a développé le SGT-003. Le SGT-003 utilise un vecteur AAV-SLB101 ciblant les cellules musculaires et cardiaques, mais évitant le foie, grâce à une capside optimisée. Communiqué de presse 2026

  • Essai Impact Duchenne (NTC07160634) Phase 3. Canada
  • Essai INSPIRE DUCHENNE (NCT06138639) Phase 1/2. Etats-Unis, Canada.

En France

Patients présentant des anticorps préexistants contre l’AAVrh74

  • AFFINITY DUCHENNE® (NCT05693142). Phase I/II. Etats-Unis, Canada
  • AFFINITY BEYOND® (NCT05683379). Etude de dépistage observationnel

En mai 2026, REGENXBIO a annoncé que la partie pivotale de phase III avait atteint son critère principal d’évaluation. La société prépare une demande d’autorisation accélérée auprès de la FDA. Publication

INS1201 associe un vecteur AAV9 et un gène de microdystrophine.

  • Essai ASCEND (NCT06817382). Etats-Unis. Son administration se fait par injection intrathécale (injection au niveau lombaire. Aussi appelée intrarachidienne).

Les résultats de l’essai CIFFREO du laboratoire Pfizer (fordadistrogène movaparvovec – PF06939926). Confirment l’inefficacité de ce produit dans la dystrophie musculaire de Duchenne. Le résumé de l’article de l’essai CIFFREO  (en anglais) 

L’obtention d’une dystrophine pleine longueur à partir d’une administration de trois fragments différents du gène de la dystrophine. Trois fragments du gène DMD sur lesquels ont été insérées des séquences codant des intéines, ont été intégrés chacun dans un vecteur AAV ciblant le muscle puis administrés ensemble à des souris mdx.

Comment rattacher les fragments de dystrophine ?

Des séquences d’intéines ont été insérées sur chaque fragment du gène DMD, au niveau de leurs extrémités pour pouvoir les réunir en une dystrophine de pleine longueur. Ces séquences intéines se lient entre elles et accolent les trois parties de la dystrophine les unes aux autres puis sont supprimées de la protéine finale. Les scientifiques ont appelé cette technique le trans-épissage protéique. 

  • Essai NS-089/NCNP-02 (NCT05996003). Etats-Unis (NS Pharma)
  • Essai NS-089/NCNP-02 (NCT05135663). Japon (Shinyaku Co.)

Saut d’exon 45: ENTR-601-45 (Entrada Therapeutics)

SQY51 (SQY Therapeutics)

  • Renadirsen – DS-5141b (Saut d’Exon 45) (Daiichi Sankyo)
  • PGN-EDO51 (Saut d’Exon 51) (PepGen)
  • Vesleteplirsen – SRP-5051 (saut d’exon 51) (Sarepta Therapeutics)

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Saut d’exon 50 par édition de base.

Saut des exons 45 à 55 par excision

  • Essai Function-DMD (NCT07429240) Ph. I/IIa. Etats-Unis.

Edition du génome (HuidaGene Therapeutics)

  • Essai MUSCLE (NCT06594094). Etude interventionnelle. Chine.

Le CAP-1002 développé par le laboratoire Capricor Therapeutics est un produit contenant des cellules souches cardiaques de donneurs sains, qui après administration à des patients atteints de DMD favorisent la régénération musculaire cardiaque.

Le laboratoire Capricor Therapeutics a confirmé le maintien après 3 ans de traitement par CAP-1002, d’un bénéfice sur la fonction des membres supérieurs. Les résultats l’essai HOPE-2 évaluant le CAP-1002. AFM-Telethon

Le DT-DEC01 développée par le laboratoire Dystrogen Therapeutics repose sur l’utilisation de cellules chimériques exprimant la dystrophine et créées à partir de la fusion de deux myoblastes (cellules souches précurseurs des cellules musculaires), l’un provenant d’un donneur sain, et donc qui exprime la dystrophine, et l’autre du patient receveur atteint de DMD, qui sera traité ensuite par les cellules chimériques obtenues.

Résultats. Ces cellules chimériques sont issues de la fusion d’un myoblaste sain (cellule souche précurseur des cellules musculaires) et d’un myoblaste de patient atteint de DMD. Elles expriment la dystrophine, ciblent toutes les mutations du gène DMD et sont tolérées par le receveur. Les premiers résultats ont été publiés fin 2023 AFM-Téléthon

Inflammation, fibrose, myostatine : plusieurs cibles visées


Les études d’histoire naturelle ont pour but d’obtenir des données de référence (« baseline ») cliniques, biologiques et d’imagerie par IRM sur l’évolution de la maladie. Données utiles pour de futurs essais cliniques.

Etude d’histoire naturelle (NCT03882827). France, Royaume-uni. Description de l’étude du GNT-0004


Un registre essentiel pour la recherche. En pratique, le registre DYS accueille des données comme l’âge de début de la maladie, l’anomalie du gène de la dystrophine en cause, les manifestations de la myopathie, les résultats de prises de sang et d’évaluations musculaires, le type de corticoïdes reçus et à quelle dose, la participation à un essai clinique… Registre français des dystrophinopathies DYS (Bulletins d’info. Etudes menées).

Au féminin aussi Le registre DYS intègre les données de santé des filles et des femmes porteuses d’une anomalie génétique sur le gène de la dystrophine se manifestant par des symptômes apparus avant l’âge de 15 ans : douleurs musculaires, diminution de force, atteinte du cœur…

L’objectif ? Alimenter des projets de recherche dument autorisés, menés dans l’intérêt des personnes atteintes de dystrophinopathies, avec l’objectif de faire progresser les connaissances et de favoriser l’émergence de traitements. En savoir + sur les données collectées

À terme, les données du registre DYS seront intégrées à l’entrepôt de données de santé de l’AFM-Téléthon, une infrastructure sécurisée de stockage unique. Les personnes concernées en seront individuellement informées.


1858 La myopathie de Duchenne doit son nom à Guillaume Duchenne, qui en fit la description en 1858.

1986, découverte du gène DMD

30 septembre 1986 : une nouvelle ère s’ouvrait pour la génétique

Anthony Monaco, jeune chercheur de l’équipe de recherche de Louis M. Kunkel, est présent au congrès de myologie de Tours organisé par l’AFM (Association Française contre les Myopathies). À cette occasion, il annonce l’identification du gène responsable de la myopathie de Duchenne sur le chromosome X, obtenue au moyen d’une méthode innovante : la génétique inverse.

« La génétique inverse part du caractère héréditaire de la maladie sans connaissance préalable du défaut protéique, explique Serge Braun, directeur scientifique de l’AFM-Téléthon. À l’inverse, auparavant, la méthode d’identification de gêne se basait simplement sur la protéine qui, par son absence ou son déficit, causait la maladie. Celle-ci était particulièrement chronophage. La méthode originale de la génétique inverse marquait donc un tournant considérable pour la génétique. »

Une découverte initiatrice de nombreuses avancées

« Pour la première fois la bête était visible, » décrit Bernard Barataud dans son livre Au Nom de nos Enfants. De cette découverte ont découlé entre 1992 et 1996 les premières cartes du génome humain publiées par Généthon, puis, plus récemment, bon nombre de méthodes thérapeutiques, bénéficiant aujourd’hui à d’autres maladies. En effet, le gène de la dystrophine étant le plus grand gène humain connu, les chercheurs ont été amenés à développer plusieurs stratégies thérapeutiques, parmi lesquelles figurent, entre autres, la thérapie génique ou encore la pharmacogénétique.

Retour sur l’annonce de la découverte du gène responsable de la myopathie de Duchenne, un événement qui a permis d’initier les premiers travaux de recherches thérapeutiques pour cette maladie symbole du combat des familles de l’AFM-Téléthon.

1987 découverte de la dystrophine, la protéine codée par le gène DMD.


Thérapeutiques et essais cliniques pour les DMD/B. Vue d’ensemble actualisée de toutes les approches thérapeutiques en cours. Depuis quelques années, et même si l’on ne peut pas encore parler de guérison, le paysage des thérapies en cours ou à l’essai pour ces maladies très rares et très complexes, devient foisonnant. Il n’est pas facile de s’y retrouver. 📅 Date : Jeudi 22 mai 2025

  • Serge Braun. Ancien directeur scientifique de l’AFM-Téléthon