Le saut d’exon, approches thérapeutiques spécifiques à certaines mutations.

La maladie de Duchenne est causée par une mutation génétique du gène de la dystrophine. Le plus souvent, un ou plusieurs exons (parties du gène) sont manquants, ce qui entraîne des erreurs dans les instructions de synthèse de la dystrophine. L’organisme ne peut alors pas produire suffisamment de dystrophine, voire aucune, protéine fonctionnelle.

Cibler les délétions du gène de la dystrophine (DMD). Le saut d’exon a pour but de permettre à l’organisme de synthétiser une forme plus courte mais fonctionnelle de la dystrophine, en sautant un ou plusieurs exons lors de l’épissage.

Bien que la protéine résultante ne soit pas complètement normale, elle peut être suffisamment fonctionnelle pour améliorer les symptômes de la maladie.

Dans la dystrophie musculaire de Duchenne

On estime que 55 % à 80 % des mutations DMD sont sensibles au saut d’exon.

  • Le saut d’exon 51 concerne environ 14 % de patients
  • Le saut d’exon 53 : 10%
  • Le saut d’exon 45 : 9 %.

Etudes et essais cliniques

Saut d’exon – Essais

ccc

Saut d’exon 44 : trois oligonucléotides antisens à l’essai

AOC 1044 (Del-zota) (Avidity Biosciences)

NS-089/NCNP-02 (brogidirsen) (Shinyaku Co.)

ENTR-601-44 (Entrada Therapeutics) 1

Saut d’exon 45 : oligonucléotide autorisé aux Etats-Unis, toujours en essai clinique

Amondys 45®Casimersen (SRP-4045) (Sarepta Therapeutics)

Saut d’exon 50 : une molécule à l’essai

Saut d’exon 50 : NS-050/NCNP-03 (NS Pharma)

Saut d’exon 51 : quatre molécules à l’essai dont une autorisée aux Etats-Unis

SQY51 (SQY Therapeutics)

DYNE-251 (Dyne Therapeutics)

BMN 351 : (BioMarin Pharmaceutical)

Saut d’exon 53 : trois oligonucléotides dont deux autorisés aux Etats-Unis

Viltolarsen (Viltepso®/NS-065/NCNP-01) 1

Vyondys 53 – Golodirsen – SRP-4053 (Sarepta Therapeutics)

WVE-N531 (Wave Life Sciences)

Produits dont le développement s’arrête
  • Renadirsen – DS-5141b (Saut d’Exon 45) (Daiichi Sankyo)
  • PGN-EDO51 (Saut d’Exon 51) (PepGen)
  • Vesleteplirsen – SRP-5051 (saut d’exon 51) (Sarepta Therapeutics)

Essai clinique associé à un NCT0XXXXXXX, le Description en anglais de l’essai sur le site ClinicalTrials.gov.


Saut d’exon. FAQ

Vos questions, nos réponses – Téléthon 2024

Qu’est-ce qu’un oligonucléotide antisens ?

Les oligonucléotides antisens sont des petites molécules (fabriquées en laboratoire) utilisées dans la technique thérapeutique du saut d’exon (exon-skipping).

Le principe de cette technique repose sur la modification de l’ARN messager (ARNm) pour compenser les erreurs génétiques qui causent la maladie.

En se liant à des sites spécifiques sur le pré-ARNm, les oligonucléotides antisens peuvent occulter l’inclusion des exons ciblés dans l’ARNm. Cela permet de « sauter » un exon défectueux ou de restaurer un cadre de lecture opérationnel autorisant la restauration de la production d’une protéine (Dystrophine) partiellement fonctionnelle.

Pour plus d’informations : questionessai@afm-telethon.fr

Des traitements par saut d’exon existent aux États-Unis, peut-on en bénéficier ?

Plusieurs produits de saut d’exon sont actuellement commercialisés aux États-Unis mais pas en Europe ni en France.

Y a-t-il des traitements par saut d’exon en France ?

Non. Actuellement il n-y a pas de produits de saut d’exon commercialisés en Europe ni en France. L’EMA a jugé (contrairement à l’agence américaine, la FDA) que ces produits n’avaient pas fait la preuve de leur efficacité dans les essais cliniques. Plusieurs d’entre eux sont en cours d’évaluation en France.

Y a-t-il des essais de saut d’exon en France ?
  • Saut d’exon 45. Essai ESSENCE évalue l’Amondys 45 – Casimersen – SRP-4045 (Sarepta Therapeutics)
  • Saut d’exon 51. Essai AVANCE1 évalue le SQY51 (SQY-Therapeutics)
  • Saut d’exon 51. Essai MIS51ON évalue l’Exondys 51® – Eteplirsen (Sarepta Therapeutics)
  • Saut d’exon 53. Essai Essence évalue le Vyondys 53 – Golodirsen – SRP-4053 (Sarepta Therapeutics)

Mais pour ces essais, les recrutements sont terminés.


Critères d’éligibilité au saut d’exon ?

Il est essentiel d’identifier la mutation responsable de la maladie dans le gène de la dystrophine.