Le principe de la thérapie génique est d’apporter un gène thérapeutique (ou gène médicament) grâce à un vecteur, le plus souvent un virus adéno-associé (AAV), dans des cellules où il est défectueux ou manquant. Il permet d’y fabriquer la protéine qu’il code. Le gène apporté (transgène) ne s’intègre pas dans le génome.
Le transfert de gène dans la myopathie de Duchenne utilisant un virus adéno-associé (AAV) est limité par la capacité de transport de cet AAV qui ne peut contenir le gène de la dystrophine en entier, beaucoup trop long.
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est due à des anomalies du gène DMD qui permet de fabriquer la dystrophine, une protéine essentielle à la solidité mécanique des cellules musculaires. Son absence provoque une atteinte musculaire progressive.
Le produit de thérapie génique, AAV-micro-dystrophine, développé par Généthon (GNT-0004) dans la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) doit permettre aux muscles de fabriquer une protéine fonctionnelle pour qu’elle se substitue à la protéine manquante. Ce traitement s’adresse à l’ensemble des patients atteints de DMD quelle que soit l’anomalie génétique à l’origine de leur maladie.
Une nouvelle étape déterminante vient d’être franchie dans l’essai clinique de thérapie génique mené par le laboratoire Généthon pour la myopathie de Duchenne.
Des études précliniques ont démontré l’efficacité de cette approche. Ces résultats ont permis la mise en place d’essais cliniques pour évaluer ce traitement chez l’enfant atteint de DMD.
Fort des résultats positifs de la phase d’escalade de dose, qui a permis de démontrer la sécurité et l’efficacité de la deuxième dose testée, Généthon a obtenu l’autorisation de lancer la phase pivot de l’essai par l’Agence européenne du médicament (EMA) avec la France (ANSM) comme État membre rapporteur et par l’autorité de santé du Royaume-Uni (MHRA). Cette phase, dite en double aveugle, concernera au total 64 garçons, âgés de 6 à 10 ans, atteints de myopathie de Duchenne et ayant conservé leur capacité de marche.
Objectif : confirmer l’efficacité du traitement sur un plus grand nombre de patients, en vue d’une possible autorisation de mise sur le marché.
- DMD : démarrage de la phase pivot de l’essai de thérapie génique de Généthon. AFM-Téléthon 28/07/2025
- Thérapie génique : Résultats consolidés jusqu’à deux ans de l’essai de Généthon pour la myopathie de Duchenne – AFM-Téléthon, 19/05/2025
- Myopathie de Duchenne : premiers résultats de l’essai de thérapie génique de Généthon – AFM-Téléthon, 24/04/2024
ELEVIDYS (delandistrogene moxeparvovec-rokl), thérapie génique utilisée pour traiter les personnes ambulatoires âgées d’au moins 4 ans atteintes de dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) à l’exclusion de ceux ayant une anomalie dans les exons 8 et 9 du gène DMD.
L’Elevidys est-il commercialisé en France ? AMM aux Etats-Unis
- Europe. L’Agence européenne du médicament (EMA) s’est prononcée (24 juillet 2025) en défaveur de la commercialisation de l’Elevidys en Europe. Le point sur l’Elevidys. AFM-Téléthon 18/09/2025
- États-Unis. Autorisation aux États-Unis d’une thérapie génique microdystrophine – AFM-Téléthon 25/06/2024
Le RGX-202 pour la Dystrophie musculaire de duchenne. Thérapie génique expérimentale. Conçu pour soutenir l’administration et l’expression ciblée de gènes dans les muscles squelettiques et cardiaques en utilisant le vecteur NAV® AAV8, un vecteur utilisé dans de nombreux essais cliniques et un promoteur spécifique aux muscles bien caractérisé (Spc5-12).
Est-ce déjà disponible ? Non. À ce jour, RGX-202 reste expérimental et n’est pas encore approuvé pour une utilisation courante. Son éventuelle approbation dépendra de l’évaluation réglementaire des données de sécurité et d’efficacité.
GNT-0004. Myopathie de Duchenne : du premier essai à la phase pivot, le regard de Serge Braun
Serge Braun, directeur de la stratégie neuromusculaire à Généthon, revient sur l’importance de cette phase pivot de la thérapie génique, décisive à la fois pour la recherche et pour les familles concernées par la myopathie de Duchenne.
1 minute pour comprendre : la micro-dystrophine
Qu’est-ce que la micro-dystrophine ? Serge Braun, directeur scientifique de l’AFM-Téléthon, tente de répondre à cette question complexe en moins d’une minute. Va-t’il réussir ?
Myopathie de Duchenne : un traitement de thérapie génique à l’essai
Cinq enfants ont déjà été traités dans le cadre des premières phases. Parmi eux, Sacha, 9 ans. Son parcours illustre tout ce que représente cette nouvelle étape : l’aboutissement de décennies d’engagement scientifique, et un espoir devenu plus concret. Telethon 2024
Une très faible quantité de dystrophine pourrait suffire à améliorer les signes cliniques de la myopathie de Duchenne.
Les dystrophinopathies sont dues à des anomalies du gène DMD qui code la dystrophine. Leur sévérité dépend principalement de la quantité de dystrophine présente dans l’organisme : plus il y a de dystrophine, moins les signes cliniques seront graves. La myopathie de Duchenne (DMD), qui est caractérisée par une absence totale de dystrophine, en est la forme la plus sévère, dans la myopathie de Becker (DMB) pour laquelle la perte en dystrophine est partielle, les signes cliniques sont plus modérés.
Une équipe française, soutenue par l’AFM-Téléthon, a réalisé une étude rétrospective à partir de données de 90 individus présentant une anomalie du gène DMD, collectées dans la banque de données UMD-DMD France. L’équipe a constitué trois groupes en fonction de la quantité de dystrophine :
- Pas de dystrophine, dans lequel 74% ont développé une DMD
- Moins de 5% de dystrophine, dans lequel 61% présentaient une DMB.
- Plus de 5% de dystrophine, avec 57% qui ont développé une DMB.
Des signes cliniques modérés, même avec moins de 0,5% de dystrophine
L’âge de la perte de la marche ou de la mise en place d’une arthrodèse vertébrale est plus tardif et la durée de vie est plus longue. Des données encourageantes à l’heure où les thérapies innovantes en développement dans les dystrophinopathies visent à augmenter la quantité dystrophine.
Dystrophine dans la DMD : un tout petit peu c’est déjà beaucoup – AFM-Téléthon 24/11/2020
Moins étudiés que les muscles squelettiques, les muscles lisses sont aussi touchés dans la myopathie de Duchenne : diminution de leur contractilité et ralentissement du transit intestinal.
Le corps humain est composé de 3 types de muscles : squelettiques, cardiaques et lisses. Les muscles lisses sont ceux qui tapissent la paroi interne des organes « creux » comme les intestins ou le côlon, la vessie, l’utérus… Ils se contractent indépendamment de la volonté. Dans la maladie de Duchenne (DMD), l’atteinte du muscle lisse se traduit, notamment, par un ralentissement du transit intestinal et une constipation.
L’absence de dystrophine touche aussi les muscles lisses. AFM-Téléthon, 20/10/2020
Restaurer la dystrophine, protéine manquante dans la myopathie de Duchenne (DMD), fait partie des pistes thérapeutiques les plus étudiées dans cette maladie. L’une des approches possibles consisterait à prélever des cellules d’une personne atteinte de DMD, à les corriger (par thérapie génique) afin qu’elles expriment la dystrophine, puis à les ré-administrer au malade. DMD Apporter le gène entier de la dystrophine, un défi possible ! – AFM-Téléthon, publié le 04/02/2020