Si les femmes porteuses d’anomalies du gène DMD, dites « transmettrices » de la dystrophie musculaire de Duchenne ou de la dystrophie musculaire de Becker, risquent de voir ce trait génétique se transmettre à leur descendance, la grande majorité d’entre elles ne présente ni atteinte musculaire, ni atteinte cardiaque.
🇫🇷 Prévalence des dystrophinopathies
Ensemble des dystrophinopathies environ 1 garçons sur 3 500 à 6 000 naissances
🟥 DMD environ 1 garçon sur 3 500 à 5 000 naissances.
🟧 DMB environ 1 garçon sur 18 000 à 30 000 naissances.
Femmes porteuses du gène DMD estimée à environ 1 femme sur 3 500 à 5 000 dans la population générale. Beaucoup de femmes porteuses restent non diagnostiquées.
🟨 Femmes porteuses symptomatiques (DMD/DMB) environ 1 femme sur 10 000 à 20 000. Elles représentent environ 5 à 22% des femmes porteuses.
🟩 Femmes porteuses asymptomatiques (DMD/DMB) environ 1 femme sur 3 500 à 5 000
Est-il fréquent qu’une dystrophinopathie se manifeste chez une femme ?
🟨 Femmes porteuses symptomatiques (DMD/DMB) environ 1 femme sur 10 000 à 20 000. Elles représentent environ 5 à 22% des femmes porteuses.
- La majorité ont une forme légère à modérée.
- Une minorité ont une atteinte sévère.
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Dystrophinopathies, a quoi sont-elles dues ?
Diagnostic d’une Dystrophinopathie chez les femmes
- Suite à une enquête familiale.
- Lors d’une consultation pour des difficultés musculaires.
- Lors d’une consultation pour des difficultés cardiaques.
- Lors d’une consultation pour des difficultés cognitives.
Toutes les femmes présentant un risque génétique devraient passer un test génétique pour confirmer l’éventuel état de porteuse.
Quels sont les signes et les symptômes ?
L’éventualité qu’une femme porteuse d’anomalies du gène DMD présente les symptômes de la maladie est très rare.
- Si le X sain est majoritairement actif → peu ou pas de symptômes
- Si le X muté est davantage actif → faiblesse musculaire possible, parfois cardiomyopathie.
Exceptionnellement, une fille porteuse d’anomalies du gène DMD peut présenter une dystrophie musculaire de Duchenne ou de Becker, qui se manifeste et évolue comme chez les garçons.
Atteinte cardiaque
Même sans symptômes musculaires, une femme porteuse peut développer
- Cardiomyopathie (moins de 10 %).
- Troubles du rythme
- Fatigue importante
- Essoufflement.
Signes d’alerte cardiaque à surveiller
- Essoufflement inhabituel
- Fatigue excessive
- Palpitations
- Malaises
- Douleurs thoraciques
- Diminution de l’endurance
- Jambes gonflées
Suivi cardiaque conseillé Tous les 3 à 5 ans, ou plus souvent si anomalie.
- ECG
- Echographie cardiaque
- Parfois IRM cardiaque
- Holter ECG si besoin
Dépistage familial. Membre de la famille qui devrait être évalué. (mère d’un enfant atteint, sœurs, tantes maternelles, filles d’un Becker). Tous les 1 à 5 ans selon l’âge et les résultats.
Atteinte musculaire
- Faiblesse musculaire
- Fatigue ou sensation de fatigue
- Équilibre altéré
- Chutes fréquentes
- Crampes et douleurs musculaires
- Muscles lisses (paroi de la vessie ou de l’intestin), plus rarement
Suivi musculaire et orthopédique, un suivi régulier est indispensable.
Kinésithérapie, un incontournable
Crampes, fatigue à l’effort, faiblesse musculaire : et si c’était une dystrophinopathie ?
Les filles et les femmes atteintes d’une dystrophinopathie ont souvent un proche (père, frère, fils…) lui-même atteint d’une dystrophie musculaire de Duchenne ou de Becker. En comparaison, elles ont tendance à minimiser leurs propres symptômes musculaires ou à leur attribuer d’autres causes (stress, travail, sport intensif, avancée en âge…).
Atteinte respiratoire
Atteinte respiratoire. L’atteinte respiratoire est plus rare chez les filles et les femmes atteintes de dystrophinopathie. Un suivi régulier est indispensable. Suivi respiratoire
Troubles cognitifs
. Une atteinte des fonctions cognitives peut aussi exister chez les filles et les femmes atteintes de dystrophinopathie. (~25%) Troubles cognitifs.
Troubles du sommeil
Un mauvais sommeil est une plainte fréquente chez les femmes atteintes de dystrophinopathie. Cela peut avoir des effets sur le quotidien.
- Somnolence dans la journée
- Exacerbation des douleurs
- Manque de motivation tant au travail, à la maison que pour les loisirs
- Restriction des activités quotidiennes
- Difficultés pour se concentrer…
Suivi médical dans les dystrophinopathies
En savoir plus
World Duchenne Day 2022. Femmes et Duchenne.
World Duchenne Day 2022 : Femmes et Duchenne
Résumé de la Conférence
La conférence sur le thème des femmes a été abordée sous trois angles principaux, les aspects cliniques et scientifiques, la vie des femmes elles-mêmes, et enfin, un hommage aux femmes ayant joué un rôle important dans la communauté Duchenne, cliniciennes, chercheuses, « patient advocates ». La conférence était ponctuée de témoignages éclairant les parties traitées.
Dans la partie scientifique, le Pr Alessandra Ferlini a expliqué l’extrême rareté des cas de femmes DMD. Généralement le deuxième X compense pour l’X déficient, mais un chromosome peut être inactif, silencieux, et ne compense pas pour le chromosome atteint.
Lorsqu’un seul est actif, la femme est transmettrice et dans la plupart des cas n’a aucun symptôme. Si elle est atteinte, elle peut l’être à différents niveaux, le spectre des symptômes est très large, de légers à graves. C’est un champ de recherche qui reste à explorer et mieux comprendre les cas très rares pourrait même être utile pour les garçons DMD.
Elle a aussi évoqué en détails le workshop de l’ENMC qui est présenté dans cette lettre sur la situation des femmes porteuses et leurs besoins sur les plans de la santé, cardiaque, faiblesse musculaire, psychologique etc…
Pr Annamieke Aartsma-Rus, leader dans la recherche sur la DMD, a expliqué que la découverte du gène a été possible grâce aux femmes. Sur les essais, dont les femmes se sentent souvent exclues, elle a expliqué que dans certains cas, comme le saut d’exons, le cadre n’est pas le même et certains essais pouvaient poser problème. Il fallait être prudent. Les femmes devraient être incluses dans les essais, même si c’est plus complexe, ou dans des programmes spéciaux, des sous-groupes, ceci étant important ensuite pour les régulateurs.
Des études actuelles sur les souris DMD femelles, montreraient qu’un tout petit % seulement de dystrophine serait suffisant (4 à 15%) pour rétablir les fonctions normales. Elle a ensuite stressé l’importance des collaborations scientifiques, l’importance de publier les résultats positifs mais aussi négatifs, pour avancer sur les différentes hypothèses, et l’importance de partager les données). Pr AArtsma-Rus a souligné des cas où des femmes peuvent être symptomatiques alors qu’il n’y a pas de fils ou garçon DMD dans la famille et qu’il faut penser à dystrophinopathie ou porteuse.
Pr Linda Cripe (USA) a souligné ensuite l’importance du suivi cardiaque pour femmes porteuses car 50 % des femmes porteuses sont à risque d’avoir les mêmes types de problèmes que les garçons myopathes. Le stress a un rôle critique dans les problèmes cardiaques, il faut donc prendre du temps pour soi, diminuer le stress, la tension artérielle, faire de l’exercice, bien se nourrir, avoir une vie saine et prendre soin de soi.
Deux témoignages ont illustré cette partie avec la maman espagnole d’une petite fille DMD, mettant en avant le sentiment d’exclusion, d’abandon et d’oubli de ces malades, et d’une jeune femme hollandaise, vivant en Angleterre, qui a souligné son isolement et la non reconnaissance des problèmes féminins dans les consultations et le suivi d’une personne vivant avec une DMD.
La deuxième partie était consacrée aux mères, sœur, et membres proches de la famille qui font un travail formidable, avec en introduction un très beau témoignage d’une maman chilienne sur l’amour inconditionnel d’une mère pour son fils. Le Pr Eugenio Mercuri est intervenu sur le dévouement, l’amour, la passion, des mères pour leur enfant et leur sacrifice personnel, avec un côté très positif, mais aussi parfois négatif car les femmes ne pensent plus à elles-mêmes, et sont tellement focalisées sur leur enfant qu’elles n’ont plus de vie sociale, quittent leur travail, et négligent leur propre santé. Une étude a montré que plus de 90% des femmes ne prennent pas soin d’elles-mêmes.
Dans une « étude pilote » mise en place en Italie, il est proposé un « circuit parallèle » pour les mamans, en même temps que leur enfant, dont l’objectif est de s’assurer qu’elles prennent soin d’elles-mêmes sur le plan médical, leur procurer les aides dont elles ont besoin, sur le plan psychologique, notamment au moment du diagnostic, et sur le plan matériel, pour soulager un peu du poids de la maladie. Il réaffirme qu’elles ne devraient en aucun cas se sentir coupables, il n’y a pas de raison, mais certaines le sentent ainsi. Le message est que le bonheur de leur enfant passe par leur propre bonheur et leur bonne santé.
Dans le même sens, Daniela Chieffo, psychologue, a confirmé que si la maman est déprimée, angoissée, malheureuse, pour son enfant, c’est un double handicap. De plus, dans cette maladie, elle a rappelé qu’on a le temps, on peut s’informer, se préparer, s’organiser. Il est important pour les mamans de continuer à travailler, aimer leur travail, mener et aimer sa propre vie.
Des témoignages d’épouse, de sœur, et de mamans, ont enrichi les débats. Le partage des histoires et des expériences a permis parfois de créer des réseaux, au niveau des régions ou des groupes, comme les fratries.
En troisième point, il a été rendu hommage aux grandes figures de femmes dans la DMD. Elles sont nombreuses, cliniciennes, chercheuses, présidentes d’association, fondations, réseaux…Ont été interviewées notamment Pat Furlong, USA, Fondatrice de PPMD et Elizabeth Vroom- Présidente de WDO, mamans battantes depuis le diagnostic de leurs fils et qui ont vraiment fait bouger les lignes dans la DMD. Elles ont été une inspiration pour tous.
En conclusion, pour elles, nous avons été trop longtemps centrés sur les traitements et nous devrions nous concentrer aussi sur les meilleurs soins possibles, une meilleure prise en charge globale : le meilleur aujourd’hui ! et l’urgence pour demain !
Dans les prochaines étapes, prendre grand soin des enfants, des adultes et des femmes…
Et enfin changer le langage, et ne plus parler seulement des « garçons DMD ».
Femmes asymptomatiques
Femme porteuse manifestante
Une femme porteuse manifestante du gène DMD présente des symptômes liés à la mutation, mais généralement, plus modérés, plus tardifs, et plus variables. Elle peut avoir.
- Fatigue musculaire
- difficultés à monter les escaliers
- douleurs musculaires
- faiblesse proximale
- crampes
- élévation des CPK
- parfois atteinte cardiaque.
Tableau clinique proche de la Dystrophie musculaire de Becker. La marche est souvent conservée longtemps.
Forme proche de Duchenne
Beaucoup plus rare. La femme présente alors
- Faiblesse musculaire importante dès l’enfance ou l’adolescence
- Perte fonctionnelle rapide
- Parfois perte de marche
- Atteinte respiratoire ou cardiaque plus sévère.
Le tableau clinique devient proche d’une Dystrophie musculaire de Duchenne.
Cela peut arriver notamment si
- Le chromosome X sain est très majoritairement inactivé.
- Anomalie chromosomique ( syndrome de Turner)
- Réarrangement complexe du gène DMD
