Dystrophinopathies. Le diagnostic repose sur un interrogatoire médical, un examen clinique et des examens complémentaires (analyses biologiques, immunologiques, électromyogramme, imagerie, étude de muscle, biopsie)… Le diagnostic doit être confirmé par un test génétique afin d’identifier la mutation génétique à l’origine de la maladie. Avoir un diagnostic, c’est mettre fin à l’incertitude face aux symptômes.

  • Retard de la marche (surtout dans la dystrophie musculaire de Duchenne).
    Chutes fréquentes.
  • Difficulté à courir, sauter ou monter les escaliers.
  • Difficulté à se relever du sol (signe de Gowers).
  • Marche dandinante.
  • Marche sur la pointe des pieds.
  • Faiblesse des muscles des hanches et des cuisses.
  • Pseudo-hypertrophie des mollets.
  • Fatigue inhabituelle à l’effort.
  • Rétractions des tendons (notamment des chevilles).
  • Scoliose au cours de l’évolution.
  • Difficultés respiratoires progressives.
  • Atteinte cardiaque (cardiomyopathie, troubles du rythme).
  • Difficultés à avaler ou à mâcher dans les formes avancées.
  • Difficultés d’apprentissage, de langage ou troubles de l’attention chez certains patients, surtout dans la maladie de Duchenne.
  • Antécédents familiaux de dystrophinopathie ou de décès précoces liés à une maladie musculaire.

Ces signes doivent conduire à une consultation médicale afin de réaliser un examen clinique, un dosage de la créatine kinase (CK) et, si nécessaire, un test génétique pour confirmer le diagnostic.

Ils apparaissent généralement entre 2 et 5 ans et sont plus précoces et plus sévères que dans la maladie de Becker.

  • Retard de la marche ou des acquisitions motrices.
  • Chutes répétées.
  • Difficulté à courir, sauter ou monter les escaliers.
  • Fatigabilité importante.
  • Marche sur la pointe des pieds.
  • Faiblesse musculaire progressive (muscles des hanches, des cuisses et des épaules).
  • Difficultés de se relever du sol. Signe de Gowers (l’enfant se relève du sol en prenant appui sur ses cuisses avec ses mains).
  • Démarche dandinante
  • Pseudo-hypertrophie des mollets.
  • Atrophie ou amyotrophie progressive de certains groupes musculaires.
  • Rétractions musculaires (tendons d’Achille, hanches, genoux).
  • Hyperlordose lombaire.Scoliose, surtout après la perte de la marche.

Atteintes associées

  • Perte progressive de la marche, souvent entre 10 et 13 ans en l’absence de traitement.
  • Atteinte respiratoire progressive. Faiblesse des muscles respiratoires, toux inefficace.
  • Atteinte cardiaque. Cardiomyopathie dilatée, troubles du rythme.
  • Difficultés d’apprentissage ou troubles neurodéveloppementaux. Chez certains enfants.
  • Troubles nutritionnels. Fréquents au cours de l’évolution de la maladie.

Souvent plus discrets et apparaissent plus tard que dans la maladie de Duchenne.

  • Difficulté à courir, sauter ou monter les escaliers.
  • Difficulté à se relever du sol (signe de Gowers).
  • Chutes fréquentes.
  • Marche dandinante.
  • Faiblesse musculaire proximale symétrique, surtout au niveau des hanches et des cuisses.
  • Crampes musculaires et douleurs à l’effort.
  • Fatigabilité anormale.
  • Mollets volumineux (pseudo-hypertrophie).
  • Atrophie ou amyotrophie des muscles des cuisses et des épaules.
  • Rétractions musculaires (tendons d’Achille, hanches, genoux) pouvant limiter les mouvements.
  • Diminution des réflexes dans les muscles les plus atteints.
  • Scoliose plus rare et généralement moins sévère que dans la maladie de Duchenne.
  • Hyperlordose lombaire ou démarche compensatrice.

Atteintes associées

  • Perte de la marche. Très variable d’une personne à l’autre. Généralement plus tardive que dans la maladie de Duchenne et n’est pas systématique.
  • Atteinte cardiaque possible (cardiomyopathie dilatée, troubles du rythme), parfois avant les symptômes musculaires.
  • Atteinte respiratoire généralement tardive, mais nécessitant une surveillance régulière.
  • Difficultés d’apprentissage moins fréquentes et généralement moins marquées que dans la maladie de Duchenne.
  • Troubles nutritionnels. Moins fréquents et moins sévère que Duchenne.

Femmes porteuses asymptomatiques. La plupart n’ont pas de symptômes.

Femmes porteuses symptomatiques

  • Faiblesse musculaire, souvent des hanches et des cuisses.
  • Fatigue musculaire anormale à l’effort.
  • Difficulté à monter les escaliers, courir ou se relever d’une position accroupie.
  • Crampes ou douleurs musculaires.
  • Chutes répétées ou difficultés à marcher.
  • Intolérance à l’effort.
  • Taux élevé de créatine kinase (CK), parfois sans symptôme.
  • Atteinte cardiaque pouvant être isolée (cardiomyopathie dilatée, palpitations ou troubles du rythme.
  • Plus rarement, atteinte respiratoire lorsque l’atteinte musculaire est importante.

Atteintes associées

  • Perte de la marche. Possible dans les formes les plus sévères.
  • Difficultés d’apprentissage. Peu fréquentes, mais elles peuvent exister.
  • Troubles nutritionnels. Rares, mais ils peuvent apparaître lorsque l’atteinte musculaire est importante.

Il est important d’établir un diagnostic exact dès l’apparition des premiers signes évocateurs. Duchenne ou Becker, parvenir à un diagnostic précis peut demander du temps, difficiles à différencier et une même maladie peut se manifester différemment d’une personne à l’autre. Le diagnostic peut être retardé lorsque les symptômes musculaires sont modérés ou que l’atteinte cardiaque est au premier plan.

Éléments qui doivent faire évoquer le diagnostic.

  • Antécédents familiaux de maladie de Duchenne ou de Becker.
  • D’autres membres de la famille sont concernés
  • Mise en évidence d’une mutation du gène DMD lors d’une analyse génétique.
  • Taux de CPK élevé sans autre explication.

Dystrophinopathie. L’examen clinique vise à évaluer la force musculaire, les capacités fonctionnelles et les atteintes respiratoires, cardiaques et orthopédiques.

  • Interrogatoire : difficultés à marcher, monter les escaliers, se relever, fatigue, douleurs, chutes, gêne respiratoire ou cardiaque.
  • 💪 Évaluation de la force musculaire : muscles des membres, du tronc et du cou (Faiblesse proximale prédominante, la faiblesse distale apparaît plus tardivement).
  • 🚶Observation de la marche : démarche dandinante, marche sur la pointe des pieds, difficultés à courir.
  • Signe de Gowers : besoin de s’aider des mains pour se relever du sol.
  • Recherche de rétractions : chevilles, genoux, hanches, coudes et poignets.
  • 🦴 Examen du rachis : scoliose, cyphose, bascule du bassin.
  • Mobilité articulaire : amplitude des mouvements et raideur.
  • Recherche d’une pseudohypertrophie des mollets.
  • Recherche d’une atrophie ou amyotrophie des muscles proximaux (cuisses, ceinture pelvienne).
  • 🌬️ Évaluation respiratoire : fréquence respiratoire, efficacité de la toux, mobilité thoracique et diaphragmatique.
  • ❤️ Examen cardiovasculaire : fréquence cardiaque, tension artérielle, auscultation, recherche de signes d’insuffisance cardiaque.
  • Évaluation fonctionnelle : transferts, équilibre, difficulté à tenir sur un pied.
  • Autonomie, utilisation d’aides techniques (fauteuil roulant, verticalisateur, etc.).

Selon les résultats, cet examen est complété par des explorations telles que

  • électromyogramme (EMG) si nécessaire
  • dosage des créatine kinases (CK)
  • analyse génétique
  • Explorations respiratoires (spirométrie, gaz du sang, oxymétrie)
  • électrocardiogramme (ECG) et échocardiographie, voire IRM cardiaque

Dystrophinopathies. Une des premières étapes diagnostiques en présence de symptômes musculaires consiste à mesurer les CPK. Les CPK peuvent aider au dépistage, au diagnostic à orienter vers un test génétique.

Les CPK (créatine phosphokinase), aussi appelées CK, sont des enzymes présentes dans les muscles. Quand les muscles sont abîmés, les CPK passent dans le sang. Valeurs normales maximales : 200-300 U/L.

  • 🟥 Duchenne (DMD). Souvent très fortement élevées (plusieurs milliers d’U/L, parfois 10 à 100 fois la normale.
  • 🟧 Becker (DMB). Souvent élevés, mais parfois moins que dans la Duchenne.
  • 👩 Femmes porteuses asymptomatiques. Normales ou légèrement élevées
  • 👩 Femmes porteuses symptomatiques. Modérément élevées, parfois davantage si atteinte musculaire importante.

⚠️ Des CPK élevées peuvent orienter vers une atteinte musculaire comme une dystrophinopathie, mais seul un bilan spécialisé permet de confirmer le diagnostic et d’évaluer précisément l’atteinte musculaire et cardiaque.

🧲 IRM musculaire

Les fibres musculaires se détruisent progressivement, elles sont remplacées par de la graisse et du tissu fibreux (Fibrose)

L’IRM musculaire permet d’observer précisément l’état des muscles. Elle aide à détecter les atteintes musculaires, suivre l’évolution de la maladie et évaluer certains traitements.

🧲 Pourquoi l’IRM musculaire est utile ?

  • ✅ détecter des atteintes précoces
  • ✅ voir des anomalies avant une perte importante de force
  • ✅ donner une vision globale des muscles

💊 L’IRM est utilisée dans certains essais thérapeutiques pour suivre les effets des traitements.

L’IRM musculaire, n’est pas proposé systématiquement. Il y a à la fois des problématiques d’accès et de diffusion de l’information. 

☢️ Scanner. Dans la majorité des situations, l’IRM musculaire est privilégiée.

🖥️ Échographie musculaire. Outil rapide et non invasif, mais elle ne remplace pas toujours l’IRM musculaire pour l’évaluation détaillée de la fibrose et de l’infiltration graisseuse. Encore peu pratiquée en France,

Biopsie musculaire

🧪 Les tests génétiques sont souvent réalisés en premier, la biopsie est moins fréquente qu’avant, elle reste utile dans certaines situations complexes.

La biopsie peut aider lorsque les examens génétiques ne suffisent pas et le diagnostic reste incertain.

La biopsie musculaire consiste à prélever un petit fragment de muscle pour l’analyser en laboratoire.

  • Immunohistochimie, application d’une coloration sur le muscle, puis examen des cellules musculaires au microscope à la recherche de dystrophine, ou 
  • Western blot, procédé chimique qui teste la présence chimique de dystrophine

🧬 Le test génétique recherche une anomalie du gène DMD, responsable de la fabrication de la dystrophine. C’est aujourd’hui l’examen principal pour confirmer une dystrophie musculaire de Duchenne ou de Becker.

Importance des tests génétiques

  • Confirmer le diagnostic.
  • 🧬 Identifier le type de mutation
  • 💊 Orienter certains traitements
  • 👨‍👩‍👧 Dépistage familial
  • 👩 Identifier les porteuses asymptomatique, symptomatique

🧬 Essais thérapeutiques. Le test génétique est essentiel pour l’accès aux essais thérapeutiques. Il permet d’identifier les traitements potentiellement adaptés à chaque mutation et d’évaluer l’éligibilité aux nouvelles thérapies.

Le test génétique est le test de référence pour déterminer si une personne est atteinte de dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) ou si elle en est porteuse. Il consiste à analyser l’ADN d’une personne, généralement à partir d’un petit échantillon de sang ou de salive afin d’identifier les mutations responsables de la maladie dans le gène DMD .

Plusieurs raisons peuvent amener une personne à envisager un test génétique

  • Confirmer un diagnostic en éliminant les affections pouvant présenter des symptômes similaires.
  • Etablir ou exclure le statut de porteuse chez les filles et les femmes à risque en fonction de leurs antécédents familiaux
  • Dans le cadre des tests prénataux visant à évaluer si un fœtus en développement est porteur de la DMD ou de mutations apparentées responsables de maladies.

Dans tous les cas, il est toujours conseillé aux familles de consulter un conseiller en génétique avant de réaliser un test génétique. Les conseillers en génétique sont des professionnels qualifiés qui peuvent expliquer le mode de transmission de la DMD et fournir des conseils sur le déroulement du test et ses implications possibles.

S’il existe une mutation connue dans votre famille, votre médecin optera généralement pour un test ciblant cette mutation spécifique. Dans le cas contraire, il prescrira probablement des tests plus généraux permettant de dépister d’éventuelles mutations du gène DMD.

  • Analyse de l’ADN à partir d’une prise de sang permet d’identifier 70% des mutations génétiques.
  • Séquençage génétique peut aider à identifier le type de mutation.

Ensemble, ces deux méthodes permettent de détecter environ 95% des patients.

Dans les maladies neuromusculaires liées à l’X, le test génétique destiné à connaitre son statut génétique peut être effectué chez les femmes à risque comme les mères et les sœurs de garçons atteints.

Décider d’effectuer un test génétique est un choix délicat, pour les personnes ayant un proche atteint de la maladie. Un résultat, qu’il soit favorable ou défavorable, entraîne toujours des remaniements psychologiques, familiaux et sociaux. Après avoir réfléchi aux conséquences du test, certains décident de ne pas le faire, choisissant d’attendre un moment plus propice de leur vie. La liberté de ne pas savoir est respectée quelles que soient les circonstances.

Chez l’enfant mineur, la loi n’autorise le test génétique que s’il existe un bénéfice médical (traitement et/ou une prise en charge et une surveillance spécifique).


L’annonce du diagnostic d’une dystrophie musculaire de Duchenne ou de Becker est extrêmement difficile, et souvent source d’une grande souffrance. Impossible à anticiper, chacun va vivre à sa manière ce moment de rupture qui marque l’entrée « officielle » dans la maladie nommée : sidération, colère, tristesse, incrédulité, abattement ou parfois soulagement… Mais nommer la maladie permet aussi de savoir contre quoi se battre, et permet en partie de mobiliser ses capacités à faire face à la maladie.

La révélation du diagnostic est un moment crucial qui marque durablement, si ce n’est pour toujours, et à partir duquel il y a un avant et un après.  Les conditions de cette annonce ont un impact sur son vécu et ses conséquences.

La maladie crée une charge émotionnelle Intense, un accompagnement psychologique peut être nécessaire dès l’annonce du diagnostic.

L’accompagnement psychologique est primordial à des moments clés de la vie tels que l’entrée dans l’adolescence ou de l’évolution de la maladie, de la perte de la marche, d’autonomie, la chirurgie du dos, ou encore au moment de la transition vers le secteur adulte.

Des professionnels de santé familiarisé avec les dystrophinopathies, peuvent être d’un grand soutien. Quels professionnels rencontrer, psychologue, psychiatre ou psychanalyste ?

Aider les personnes à comprendre et à s’adapter aux implications médicales, psychologiques et familiales d’une maladie génétique. Conseil génétique


Le dépistage néonatal DNN est une intervention de santé publique visant à détecter dès la naissance certaines maladies rares et graves, d’origine génétique pour la plupart. Il permet de mettre en œuvre, avant l’apparition des symptômes, les mesures appropriées, thérapeutiques ou préventives, pour limiter les conséquences irréversibles de ces maladies sur la santé des nouveau-nés. Actuellement. Seules les maladies pour lesquelles il existe un traitement ou une action préventive pouvant améliorer la santé de l’enfant sont dépistées.

Le programme national de dépistage néonatal concerne tous les nouveau-nés qui naissent en France. Il vise à détecter des maladies rares, sévères et le plus souvent génétiques ainsi que la surdité. Détecter et prendre en charge précocement 16 maladies graves de l’enfant. Le but est de prévenir la survenue de manifestations et de complications graves dues aux 16 maladies dépistées, a minima d’en limiter la gravité. Parce qu’il existe des moyens thérapeutiques préventifs, le dépistage précoce apporte un véritable bénéfice aux nouveau-nés. En savoir plus

Traiter plus précocement les enfants et réduire le retard de diagnostic souvent présent dans ces maladies.

Le diagnostic est souvent posé vers l’âge de 3 à 4 ans lorsque les premières difficultés motrices apparaissent. Même s’il n’y a pas encore de traitement pour guérir la maladie, des médicaments pris assez tôt ont une action préventive qui permet de ralentir l’évolution de la maladie et d’améliorer la qualité de vie des malades.

Le dépistage est réalisé au moyen d’une analyse génétique ciblée ne visant que l’identification du gène lié à la DMD.

L’enfant atteint de DMD ou DMB ne présente aucun signe clinique visible à la naissance. La maladie est détectée en déposant quelques gouttes de sang du nouveau né sur un carton buvard (test de Guthrie) entre 2 et 3 jours après la naissance.

Test néonatal du buvard

Projet Dépistage Néonatal de la DMD

Quel est l’objectif ? Il s’agit d’évaluer l’errance et les délais diagnostiques au cours des vingt dernières années pour les patients atteints de Dystrophie Musculaire de Duchenne. Poster présenté au Colloque Scientifique 2025 de la Fondation Maladies Rares

Projet PERIGENOMED

Un projet sur l’extension du dépistage néonatal par la médecine génomique. Livret de présentation

  • Il évalue l’intérêt d’utiliser le séquençage du génome pour le dépistage néonatal.
  • Recourir au séquençage du génome permet d’adapter rapidement et facilement le nombre de maladies dépistées en fonction des évolutions thérapeutiques

Seules les maladies pour lesquelles il existe un traitement ou une action préventive pouvant améliorer la santé de l’enfant seront dépistées.

PERIGENOMED ne remplace pas le programme national de DNN existant.


L’annonce du diagnostic et ses conséquences pour les familles. La révélation du diagnostic est un moment crucial qui marque durablement, si ce n’est pour toujours, et à partir duquel il y a un avant et un après.  Les conditions de cette annonce ont un impact sur son vécu et ses conséquences. 📅 Date : Jeudi 23 janvier 2025

  • Dr. Arnaud Isapof, Neuropédiatre Hôpital Trousseau
  • Mme Clémence Dayan, Psychologue Hôpital trousseau