La dystrophine est une protéine essentielle à la solidité et à la résistance des fibres musculaires, en particulier lorsque les muscles se contractent et se relâchent.

Le rôle de la dystrophine

En fixant le cytosquelette d’actine au sarcolemme, la dystrophine protège le muscle des lésions dues à la tension pendant la contraction musculaire. Sans dystrophine, les muscles ne sont pas capables de fonctionner ou de se réparer correctement.


La dystrophine est localisée sous la membrane cellulaire (sarcolemme) de la fibre musculaire.


Le gène de la dystrophine ou gène DMD occupe à lui seul près de 1% de la longueur totale du chromosome X. Sa grande taille le rend plus vulnérable que d’autres gènes à la survenue spontanée de petites ou grandes modifications.

Dans la Dystrophie Musculaire de Duchenne ou de Becker, l’absence ou le manque de dystrophine fragilise la membrane des fibres musculaires.

Des dysfonctionnements s’en suivent (surcharge en calcium, augmentation de l’oxydation cellulaire, mitochondries en mauvais état, inflammation, régénération du muscle moins efficace, fibrose…) qui endommage les fibres musculaires, qui sont alors, remplacées par du tissu conjonctif (fibrose) et du tissu graisseux.

La dystrophine peut être mesurée en utilisant plusieurs méthodes, une fois combinées, elles fournissent des informations importantes.

  • Immunohistochimie, permet d’évaluer la présence de fibres positives à la dystrophine, ainsi que l’emplacement et l’intensité de la coloration de la dystrophine.
  • Western blot, permet de détecter l’augmentation des taux de dystrophine.

Conséquences de l’absence de dystrophine sur les muscle squelettiques et le muscle cardiaque

La dégénérescence des fibres musculaires, entrainent un manque de force musculaire.

Le muscle cardiaque (myocarde) est aussi le siège d’une dégénérescence des fibres musculaires et d’une fibrose progressive (cardiomyopathie).

L’absence de dystrophine touche aussi les muscles lisses.

Les muscles lisses (tube digestif, appareil urinaire…) peuvent être aussi le siège d’une dégénérescence des fibres musculaires, les muscles lisses sont ceux qui tapissent la paroi interne des organes « creux » comme les intestins ou le côlon, la vessie, l’utérus… Ils se contractent indépendamment de la volonté.

Dans les dystrophinopathies, l’atteinte du muscle lisse peut entrainer des troubles digestifs, un ralentissement du transit intestinal, une constipation, des troubles urinaires…

L’absence de dystrophine dans le cerveau impacte les fonctions cognitives

Dans le système nerveux central, l’absence de dystrophine influe sur la plasticité des synapses, qui impacte la qualité des fonctions cognitives.

Le gène de la dystrophine est composé de 79 morceaux d’ADN actifs (appelés « exons »). Les 79 pièces sont réunies dans une séquence. Cette séquence communique les informations génétiques nécessaires pour fabriquer la protéine dystrophine.